L'Observatoire


Ezekiel Kwetchi Takam est assistant et doctorant en éthique théologique à l'Université de Genève. Ses travaux de recherche, menés dans une perspective interdisciplinaire, interrogent les enjeux théologico-politiques de l'intelligence artificielle. Plus précisément, il s'y agit d'explorer comment les ressources conceptuelles et méthodologiques issues des sciences théologiques et afro-religieuses peuvent contribuer à l'analyse critique des dynamiques de pouvoir sous-jacentes au développement et au déploiement de l'intelligence artificielle générale. C'est fort de l'expérience de ses recherches (entamées depuis plus de 5 ans - dès sa fin de licence), qu'il fonde et déclare officiellement en février 2020 l'Observatoire Euro-africain de l'intelligence artificielle.

L'anecdote sous-tendant la création de ce think tank est à la fois amusante et intrigante. Tout part d'une date : le 6 janvier 2020. Soucieux d'occuper son temps oisif par une navigation dans l'univers informatif de Google, l'algorithme de recherche de ce dernier l'oriente vers un article paru dans la revue Nature sous l'intitulé suivant : « Artificial Intelligence: The Global Landscape of Ethics Guideline ». Publiée depuis 2019 par la chercheuse Anne Jobin, cette étude s'attèle à l'analyse des points de convergence et de divergence entre différents principes et codes éthiques de l'intelligence artificielle. Pour ce faire, les auteurs sont partis d'une base de données regroupant 84 documents ou rapports éthiques. Après une observation de la distribution géographique de ces productions, il ressort que l'Afrique est l'une des 2 régions (avec l'Amérique du sud) au monde, à n'avoir produit aucun rapport, principe ou code éthique balisant la recherche, le développement et le déploiement de l'intelligence artificielle sur son territoire. Ce qui est regrettable pour un continent qui est de plus en plus un marché convoité. La Stanford Social Review dans son article du 12 février 2018 utilise le mot «invasion» pour qualifier et/ou marquer l'intensité d'enthousiasme, d'intérêt et d'attirance qu'incarne l'Afrique dans le marché mondial du développement et de la recherche en intelligence artificielle. Le MIT Review conforte ce constat dans son article du 21 juin 2019 à l'intitulé fort évocateur: « The future of AI (Artificial Intelligence) Research Is in Africa». C'est face à ce constat et soucieux de contribuer à la construction d'un bouclier éthique en Afrique, qu'Ezekiel Takam a pris la décision de mettre sur pied l'Observatoire Euro-africain de l'intelligence artificielle qui aura pour mission de bâtir une culture éthique de l'intelligence artificielle en Afrique. Le 12 novembre 2021, dans le cadre de la semaine internationale de l'entrepreneuriat organisée par l'Université de Genève, il a été le Lauréat du prix Geneus-Fongit (Prix de la meilleure idée-Science de la vie décerné par l'incubateur Geneus de la fondation genevoise pour l'innovation technologique), qui recompensa l'Observatoire.

Pour mener à bien cette mission, dans la transparence et la productivité, il s'accompagne d'un comité consultatif.



Comité consultatif


Christoph Stückelberger

Christoph Stückelberger

Christoph Stückelberger est fondateur, "Globethics.net Foundation", basé à Genève/Suisse et comptant dix bureaux sur quatre continents. Il est professeur (em.) à l'Université de Bâle, professeur distingué à l'Université technique MEPhI de Moscou, professeur invité à l'Université GOU d'Enugu/Nigeria et au Kingdom Business College de Pékin/Chine. Il a obtenu le titre de docteur honoris causa (Dr. h.c.) de l'Université UPC de Kinshasa/DR Congo pour son engagement à long terme en Afrique. Ses principaux domaines de recherche sont l'éthique économique/des affaires, l'éthique commerciale, l'éthique financière, l'éthique politique, l'éthique du développement, l'éthique environnementale et la philanthropie. Il a publié en tant qu'auteur et éditeur de nombreux livres et des centaines d'articles sur l'éthique appliquée, notamment la Cyberéthique.

Jules Yimeumi

Jules Yimeumi

Jules Yimeumi est Spécialiste de la protection des données depuis plusieurs années. Il occupe actuellement le poste de Juriste Délégué à la Protection des Données chez Mutex. Il est par ailleurs fondateur de l'Africa Data Protection, une plateforme de veille qui propose régulièrement un état des lieux de la protection des données en Afrique.

Peter Stokes

Peter Stokes

Peter Stokes est directeur d'études en humanités numériques et computationnelles appliquées à l'étude de l'écrit ancien (EPHE-PSL). Ses recherches portent principalement sur les questions théoriques et pratiques liées à la description et à l'analyse de l'écriture manuscrite, en particulier le multigraphisme (l'utilisation simultanée de différentes écritures ou systèmes d'écriture dans une culture donnée), notamment dans l'Europe médiévale, en combinant les domaines de la paléographie, des humanités numériques et de l'informatique. Après avoir obtenu des diplômes avec mention en lettres classiques et anglaises et en ingénierie informatique à l'Université de Melbourne en Australie, Peter Stokes a obtenu un doctorat à l'Université de Cambridge sur la paléographie anglaise du début du XIe siècle. Il a travaillé au sein du Centre for Computing in Humanities (aujourd'hui département des humanités numériques) au King's College de Londres.

Vincent Ledoux

Vincent Ledoux

Vincent Ledoux est député à l'Assemblée Nationale française. Il y est membre de la commission des finances, de l'économie générale et du contrôle budgétaire, et co-président du groupe d'étude sur la diplomatie économique avec l'Afrique. Auteur du rapport sur la priorité africaine de la France, il est un fervent engagé pour une nouvelle coopération responsable et co-construit entre l'Afrique et l'Europe. Parrain de l'Observatoire Euro-africain de l'IA dès sa création, il a contribué, de par ses conseils et expériences, à la mise en place de projets concrets (colloques et conférences) sur la vulgarisation de l'éthique de l'IA, dans une perspective euro-africaine.

Sylvie Guérin

Sylvie Guérin

Fondatrice de STG Leadership - Talent Manager. Elle a acquis 22 ans d'expérience à la direction des ressources humaines de groupes internationaux en tant que spécialiste des rémunérations et Talent Manager et dirige depuis 9 ans la société STG Leadership - société de conseil en ressources humaines et formation en management et leadership. Sylvie accompagne les entreprises dans l'élaboration et la mise en œuvre de leur politique ressources humaines, le développement du leadership, du management & des équipes dans des environnements en transformation.

Chantal Berger

Chantal Berger

Magistrat de l'ordre judiciaire et Avocat Général Honoraire, Chantal Berger exerce encore des fonctions au parquet général de la Cour d'Appel de Paris. L'intelligence artificielle est, à son sens, un enjeu pour l'avenir de notre société, pour continuer à améliorer le sort de chacun et faire progresser nos connaissances et la science. C'est ce seul but qui doit être poursuivi et un contrôle doit donc être exercé afin que son usage ne soit pas dévoyé. Elle consciente de par ses fonctions que tout progrès de la science et des techniques peut être utilisé par des individus malveillants pour leur profit. D'où son intérêt pour l'Observatoire Euro-africain de l'intelligence artificielle

Janine Kister

Janine Kister

Janine Kister a exercé des fonctions pendant plus de 45 ans au ministère de la Justice. Pendant ses fonctions à l'administration centrale du ministère de la Justice et depuis sa mise en retraite en mars 2010, elle participe, comme expert à court terme, à des missions de coopération notamment pour les Ministères de la Justice de Pologne, du Maroc, des pays de l' Afrique de l'Ouest (Bénin, Burkina Faso, Côte d'Ivoire, Mali, Mauritanie, Niger, RDC, République Centrafricaine, Sénégal…. ainsi qu'au Liban, pour l'amélioration de l'accès à la justice, la conduite du changement, la formation des personnels de justice et la modernisation des juridictions. De par son expérience professionnelle et internationale, elle a pour projet de contribuer, grâce à ses conseils, à l'objectif de l'Observatoire : œuvrer pour une culture éthique de l'intelligence artificielle, que ce soit dans la culture populaire ou scientifique, avec le potentiel au sens large de transformer aussi bien les entreprises que la relation entre l'homme et la technologie.